comment le passé judiciaire du rugbyman a refait surface à quelques jours de la Coupe du monde

Le lancement de la Coupe du monde de rugby est imminent et tous les regards se portent sur les Bleus. « L’engouement médiatique monte depuis un mois », a observé le capitaine français, Antoine Dupont, dimanche 3 septembre, cinq jours avant que son équipe ouvre le bal face aux All Blacks, vendredi (21 h 15). Accueillis à leur arrivée à leur camp de base de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) pour la durée du Mondial par 5 000 supporteurs enthousiastes, les joueurs du XV de France ont pu le mesurer. Ils s’en sont également rendu compte au cours du week-end et à la faveur d’une polémique impliquant l’un des leurs : Bastien Chalureau.

Le deuxième ligne montpelliérain s’est préparé au Mondial avec les Bleus avant de faire partie des neuf joueurs non conservés dans le groupe des 33 joueurs sélectionnés pour la compétition. Mais, en raison de la blessure de son partenaire de club Paul Willemse, le joueur de 31 ans a été rappelé, vendredi 1er septembre. Et, au cours du week-end, le souvenir de sa condamnation, en novembre 2020, pour des violences à caractère raciste (il a interjeté appel) a fait irruption dans le quotidien des Bleus, amplifié par l’effet loupe de la Coupe du monde.

La polémique est née d’un message sur X (anciennement Twitter) de Boucherie Ovalie, un collectif humoristique consacré au rugby et qui critique Bastien Chalureau depuis ses débuts en 2022 en équipe de France – le joueur, un des visages les plus récents de l’équipe, compte aujourd’hui six sélections. A l’annonce de son arrivée dans le groupe préparant le Mondial, vendredi, le compte rappelle sa condamnation et pointe du doigt ses interactions sur Instagram avec un rappeur d’extrême droite.

En attente d’une décision judiciaire définitive

C’est ce tweet qui semble avoir placé le sujet dans la sphère médiatique. Dès samedi, deux députés La France insoumise, François Piquemal (Haute-Garonne) et Thomas Portes (Seine-Saint-Denis), réagissent au message et expriment leur mécontentement. Lundi, ils publient une lettre ouverte à la ministre des sports, Amélie Oudéa-Castéra, dans laquelle ils appellent à « envisager sérieusement la non-sélection de Bastien Chalureau ».

Dimanche, dans la soirée, la ministre publie un communiqué dans lequel elle affirme s’être assurée « que le joueur, qui a fait appel de sa condamnation en première instance, maintient sa version des faits et nie toujours formellement avoir tenu des propos racistes ». Florian Grill, le président de la Fédération française de rugby, était sur la même ligne, plus tôt dans la journée, en soulignant les différences qui existent, selon lui, avec le cas de Mohamed Haouas, écarté il y a peu du XV de France après sa condamnation pour violences conjugales : « Dans le cas de Mohamed Haouas, il y a une condamnation ferme et confirmée, puisqu’il n’a pas fait appel. Notre position, là aussi, avait été très ferme. Dans le cas de Bastien Chalureau, il nie les faits de racisme et fait appel. Nous laissons donc faire la justice. »

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