une décision-choc qui fait la surprise

La première économie du monde vacille et c’est toute la planète financière qui doute. Quelques heures après la baisse de la note de la dette américaine par l’agence de notation financière Fitch, mardi 1er août, qui fait craindre pour la santé budgétaire de la première économie mondiale, les Bourses se sont ouvertes en léger repli dans le monde. En Asie, l’indice Nikkei de la Bourse de Tokyo perdait 2,1 %, tandis que celle de Hongkong reculait de 2,1 %. A Paris, l’indice CAC 40 était en repli de 0,84 %. La décision de l’agence de notation inattendue – une première depuis 2011 – a surpris les investisseurs qui pourraient se détourner des bons du Trésor. La note de crédit américaine a été abaissée d’un cran, de AAA à AA+. La perspective passe de négative à stable, ce qui signifie que Fitch n’anticipe pas de nouvelle dégradation à court terme.

Cette décision a été d’abord justifiée par les conséquences des « impasses répétées sur le plafond de la dette », soulignant que ces « affrontements politiques (…) et les résolutions de dernière minute ont érodé la confiance dans la gestion budgétaire ». L’agence anticipe un creusement du déficit budgétaire américain de 3,7 % en 2022 à de 6,3 % en 2023, alors que la dette du pays devrait atteindre 118 % du PIB d’ici à 2025. La secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, a immédiatement condamné cette décision, expliquant qu’elle était « arbitraire » et « fondée sur des données datées ».

Fixé à 31 400 milliards de dollars (28 450 milliards d’euros), le plafond de la dette américaine, qui a été relevé 78 fois depuis le début des années 1960, fait l’objet de batailles incessantes entre les présidents démocrates (Bill Clinton, Barack Obama et Joe Biden) et la Chambre des représentants lorsqu’elle est dominée par les républicains. Même si ce bras de fer a déjà conduit à la fermeture de l’administration fédérale, la catastrophe – à savoir un défaut de paiement du Trésor américain – a toujours été évitée.

Vieillissement de la population

Parmi les autres raisons avancées par l’agence : « une détérioration budgétaire attendue au cours des trois prochaines années » et « une charge de la dette publique élevée et croissante », qui sont le résultat, selon elle, « de plusieurs chocs économiques, des réductions d’impôt et de nouvelles initiatives de dépenses ». La dette a été creusée par la réforme fiscale de Donald Trump en 2017, qui a réduit les impôts des plus riches et ceux des sociétés, à laquelle s’ajoutent les importantes dépenses de son successeur pour résister à la crise due au Covid-19 et relancer l’économie. Le plan de relance de mars 2021 a coûté 1 900 milliards de dollars et avait conduit à un déficit de 12,3 % du PIB en 2021. L’adoption, à l’été 2022, d’un plan massif de subventions aux microprocesseurs et aux énergies renouvelables, baptisé « Inflation Reduction Act », coûtera à l’Etat américain au moins 430 milliards de dollars.

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