une Américaine kidnappée, au moment où les Etats-Unis ordonnent à leurs ressortissants de quitter le pays

Une Américaine et son enfant ont été kidnappés en Haïti, a annoncé samedi 29 juillet, une organisation chrétienne pour laquelle elle travaillait.

« Nous pouvons confirmer qu’Alix Dorsainvil, l’épouse de notre directeur, et leur enfant ont été kidnappés, jeudi 27 juillet au matin, sur notre site près de Port-au-Prince », fait savoir l’organisation El Roi Haiti dans un communiqué.

Selon l’ONG, Alix Dorsainvil est infirmière et « travaillait sans relâche (…) pour soulager les personnes qui souffrent ». C’est « une personne profondément aimante et pleine de compassion qui considère Haïti comme étant chez elle et le peuple haïtien comme sa famille et ses amis », affirme l’organisation.

Sollicité par l’Agence France-Presse, le département d’Etat américain a dit être « au courant d’informations sur l’enlèvement de deux ressortissants américains en Haïti ». « Nous sommes en contact régulier avec les autorités haïtiennes et nous continuerons à travailler avec elles », a-t-il ajouté. Selon le Washington Post, cette Américaine de 31 ans, originaire du New Hampshire, habite en Haiti. Elle est mariée au directeur de l’organisation, Sandro Dorsainvil.

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La capitale contrôlée à 80 % par les gangs

Le jour de son enlèvement, jeudi, Washington avait ordonné le départ de leur personnel non essentiel à Haïti ainsi que des familles, et appelé les ressortissants américains à quitter le pays « le plus vite possible » en raison de l’insécurité. Les Etats-Unis déconseillent depuis des mois à leurs citoyens de se rendre en Haïti, en raison « [des risques d’]enlèvement, de la criminalité, des troubles civils et d’une infrastructure de santé défaillante ».

Le personnel de l’ambassade américaine vit déjà dans des conditions de sécurité draconiennes, confiné dans une zone résidentielle protégée et avec l’interdiction de circuler à pied dans la capitale ou encore d’utiliser les transports publics ou taxis.

Les gangs contrôlent environ 80 % de la capitale haïtienne et les crimes violents tels que les enlèvements contre rançon, les vols à main armée et les détournements de voiture sont fréquents dans ce petit pays pauvre des Caraïbes où se cumulent une crise politique, sécuritaire et humanitaire.

Les forces de sécurité haïtiennes étant débordées, le secrétaire général des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, et le premier ministre haïtien, Ariel Henry, ont appelé à une intervention internationale pour soutenir la police. M. Guterres a demandé l’envoi d’une force extérieure à l’ONU, mais le Conseil de sécurité lui a demandé de présenter, d’ici à la mi-août, un rapport sur toutes les options possibles, y compris une mission dirigée par l’ONU.

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Le Kenya propose de diriger une force multinationale

Le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, a déclaré, samedi, que des progrès avaient été accomplis pour l’instauration d’une force multinationale de maintien de la paix dans le pays, et que Washington était déterminé à « trouver un pays chef de file pour ce faire ».

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Plusieurs pays ont déclaré qu’ils soutenaient l’idée d’une telle force. Aucun n’avait proposé de la diriger jusqu’à ce que le Kenya annonce, samedi qu’il était prêt à le faire.

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« Le Kenya a accepté d’envisager positivement de prendre la tête d’une force multinationale en Haïti. Le Kenya s’engage à déployer un contingent de mille policiers pour aider à former et aider la police haïtienne à rétablir la normalité dans le pays et à protéger les installations stratégiques », a déclaré le ministère des affaires étrangères dans un communiqué. Sa « proposition de déploiement » nécessite toutefois un mandat du Conseil de sécurité de l’ONU ainsi que l’accord des autorités locales, a précisé le ministère.

Le Kenya a déjà déployé ses forces de maintien de la paix à l’étranger, dont en République démocratique du Congo et en Somalie.

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Le Monde avec AFP