l’odyssée de Pauline Peyraud-Magnin, battante et gardienne des Bleues

Pauline Peyraud-Magnin a longtemps vécu dans l’ombre. Difficile de sortir de celle de Sarah Bouhaddi, gardienne longtemps indéboulonnable à l’Olympique lyonnais comme en équipe de France. Rien ne fut facile pour le dernier rempart des Bleues, dont le parcours mouvementé l’a vue porter les couleurs de sept clubs en huit ans. Avant de trouver, depuis 2021, de la stabilité au sein de la prestigieuse Juventus Turin.

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A 31 ans, Pauline Peyraud-Magnin dispute en Australie et en Nouvelle-Zélande sa deuxième Coupe du monde, la première comme titulaire dans les cages des Bleues. Avec ses partenaires, elle affrontera le Maroc, mardi 8 août à 13 heures (heure de Paris), en 8es de finale du Mondial. Lors de l’Euro 2022, la Lyonnaise a réussi sa première grande compétition dans cette fonction si cruciale, participant au bon parcours des Tricolores jusqu’en demi-finale.

Mais la trentenaire a dû batailler pour accéder à cette reconnaissance. Appelée en Bleue pour la première fois en 2017, elle n’honore sa première sélection qu’en avril 2019 – ses débuts ont été écourtés par une blessure au bout de vingt minutes de jeu. Remplaçante lors du Mondial 2019 en France, elle passe la compétition sur le banc de touche. Et ce n’est qu’en septembre 2020, lorsque Bouhaddi décline la sélection, qu’elle est titularisée. « Tout cela est récent pour moi. Je l’ai attendu, j’ai travaillé pour, raconte-t-elle au Monde. J’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour y accéder. »

Imposer sa passion aux siens

A quelques mois du Mondial, le départ de Corinne Diacre et son remplacement par Hervé Renard ont rebattu les cartes. Lors du rassemblement d’avril, le nouveau patron des Bleues a choisi d’aligner une fois Peyraud-Magnin (contre la Colombie) et une fois sa jeune concurrente, Constance Picaud (contre le Canada). Habituée à se battre, la gardienne n’en a pas pris ombrage : « J’essaie de prouver au quotidien. Il n’y a pas de légitimité dans le football. Seulement les actes et le travail. Je ne prends jamais rien pour acquis. »

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Bien qu’issue d’une famille férue de football, Pauline Peyraud-Magnin a d’abord dû imposer sa passion aux siens, qui prédestinait plutôt la jeune fille à des sports étiquetés plus féminins comme la gymnastique ou l’équitation. Alors joueuse de champ, elle est repérée par l’OL à l’adolescence, puis se révèle en tant que gardienne à l’occasion d’un entraînement où il manque une spécialiste du poste.

A Lyon, la jeune femme joue son premier match avec l’équipe première à l’âge de 22 ans. Mais elle ne dispute que sept rencontres en deux ans, et entame alors un périple à la recherche de temps de jeu. Entre 2014 et 2017, elle enchaîne les prêts formateurs à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), Saint-Etienne ou Marseille.

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