les ambitions des Bleus au filtre des Blacks

Après plus de deux mois d’intense préparation, ils y sont. Vendredi 8 septembre (21 h 15, sur TF1), quinze Bleus en maillot blanc affronteront autant de Néo-Zélandais tout de noir vêtus, lors du match d’ouverture de la Coupe du monde 2023 de rugby, au Stade de France, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). « Les deux équipes se préparent depuis un bon moment. C’est l’instant où on va pouvoir tout lâcher », racontait cette semaine, le sourire aux lèvres, le deuxième ligne Thibaud Flament, augurant d’« une grande bataille ».

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« Ce match, c’est une sorte de mirador, qui nous signale le début de cette compétition », estime Fabien Galthié, le sélectionneur tricolore, enthousiaste à l’idée de « passer au révélateur » des All Blacks, comme à chaque fois que les Français ont trouvé sur leur route la nation du Pacifique Sud. Si les statistiques ne sont pas en faveur de ses troupes (neuf défaites lors des dix derniers matchs), le capitaine Antoine Dupont et sa bande ont remporté la dernière rencontre face aux Blacks, en novembre 2021 (40-25), et ne l’ont pas oublié.

Après une décennie à broyer du noir, les Bleus sont de retour au premier plan. « On est là où on voulait être », répète fréquemment Galthié. Soit parmi la poignée de nations citée dans les candidats au titre suprême. Assumant de vouloir aller loin dans « leur » Mondial, les joueurs français voient au-delà du choc d’ouverture du tournoi, et leur ambition est contagieuse. « Tout le monde est conscient de l’enjeu. On a tous envie de faire quelque chose de grand, ça ne fait pas de mal de le rappeler », insiste Antoine Dupont.

Les Français sont repartis de zéro

Depuis l’arrivée de Fabien Galthié à la tête de l’équipe de France masculine, fin 2019, les Bleus ont remonté la pente avant de s’attaquer aux sommets de l’Ovalie. Les Français sont repartis de zéro : le nouveau sélectionneur et son acolyte Raphaël Ibañez – manageur général de l’équipe – ont choisi de tout remettre à plat, afin de reconstruire solidement un rugby tricolore à la peine depuis une décennie.

« Cette fois, on a mis les moyens, observe l’ancien international Thomas Lombard, désormais directeur général du Stade français. Alors bien sûr, ça coûte de l’argent mais, quand on investit sur des personnes compétentes, les résultats suivent. » Autour de lui, Fabien Galthié a agrégé un staff fourni, composé de spécialistes parfois venus d’ailleurs, comme l’Anglais Shaun Edwards, expert ès défense. Les clubs et la Fédération française de rugby (FFR) ont, eux, enterré la hache de guerre, offrant à l’encadrement de la sélection des conditions de préparation des matchs idéales. Quant aux joueurs, ils se sont vu proposer un « projet » – de jeu et de vie commune – auxquels tous devaient adhérer.

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