l’équipe féminine australienne dénonce les inégalités avec la sélection masculine

Le Mondial de rugby n’a pas encore commencé qu’un scandale pourrait éclater en Australie. La sélection nationale féminine, excédée par les inégalités et le manque d’investissements dont elle souffre par rapport à son homologue masculine a interpellé la Fédération nationale australienne (Rugby Australia), dimanche 20 août en fin de journée. Dans une action coordonnée – presque toutes les joueuses en exercice ont publié la même déclaration sur les réseaux sociaux – les Wallaroos demandent à l’instance dirigeante de répondre à leurs préoccupations.

La présence des épouses et des petites amies de joueurs des Wallabies – transportées par avion tout frais payé – à Sydney (Australie), pour « dire au revoir » aux membres de l’équipe masculine, la semaine dernière avant le départ pour la Coupe du monde en France (8 septembre – 28 octobre), semble avoir déclenché l’ire des joueuses.

« Vous nous avez dit que tout vol au-delà de la classe économique était trop coûteux. Puis vous avez fait voyager les Wallabies en classe affaires pour un trajet plus court que le nôtre, a notamment déploré la troisième ligne Kaitlan Leaney, sur X (anciennement Twitter). Vous ne cessez de dire que nous n’avons pas assez de ressources. »

La sélection féminine – qui joue très peu de matchs entre les Coupes du monde hormis contre les Néo-zélandaises – s’est également offusquée du fait que le coach des Wallabies, Eddie Jones, ait un staff pléthorique composé de onze assistants. Les Wallaroos, quarts de finaliste du dernier Mondial organisé en Nouvelle-Zélande en 2021, dénoncent le budget octroyé à l’équipe masculine, aux résultats pourtant mitigés. Pour préparer au mieux le Mondial en France, les hommes d’Eddie Jones ont pu effectuer des stages d’entraînement et un voyage dans le nord de l’Australie.

« Vous nous avez dit que des contrats à temps plein étaient en préparation, qu’il n’y avait pas assez d’argent pour maintenir les hommes dans le jeu, sans parler de nous », continuent les Wallaroos, mécontentes de voir leur fédération investir massivement dans le recrutement de Joseph Suaalii en vue du Mondial 2027, que l’Australie organise.

« Nous savons que nous avons encore du chemin à parcourir »

Véritable star montante de la NRL – compétition interclubs de rugby à XIII disputée en Australie et en Nouvelle-Zélande – le prodige de 20 ans, auteur de 17 essais en 27 matchs, est devenu le joueur le mieux payé de l’histoire de Rugby Australia en acceptant un contrat de 5 millions de dollars australiens (environ 3 millions d’euros) en mars dernier.

La vague de soutien reçue par l’équipe féminine de football féminine – les Matildas – demi-finaliste de la Coupe du monde qui s’est achevée dimanche, doit constituer un exemple, plaident les rugbywomen : « Vous avez dit que notre programme deviendrait professionnel et que notre entraîneur serait à plein temps. Nous avons vu l’impact que le sport féminin a eu sur le paysage sportif australien. L’avenir de nos matchs est en jeu. C’est à vous de jouer. »

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Sans mentionner les points abordés dans le document, Rugby Australia a admis qu’elle devait faire plus pour l’égalité entre les joueurs : « Nous prendrons des mesures en vue d’un avenir entièrement professionnel pour les Wallaroos et nous investirons plus largement dans le rugby féminin à travers les compétitions nationales et locales et nous savons que nous avons encore du chemin à parcourir. »

En février, la fédération avait annoncé qu’elle commencerait à signer des contrats à temps partiel avec les joueuses des Wallaroos. Une première étape vers une augmentation progressive des investissements au cours des cinq prochaines années.

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Cette fronde pourrait-elle perturber le dernier match de préparation de leurs homologues masculins, opposés dimanche 27 août au XV de France (à 17 h 45). Toujours est-il que le Mondial organisé en France ne commence pas sous les meilleurs auspices pour l’Australie, alors que les Wallabies figurent dans une poule C relevée avec le Pays de Galles, les Fidji, la Géorgie et le Portugal.

Le Monde avec AFP