Le gouvernement va financer la création de 5 000 terrains de sport supplémentaires d’ici à fin 2026

Comme Le Monde l’annonçait le 17 juillet, le gouvernement va poursuivre, sous une forme un peu différente, le plan de création et de cofinancement de 5 000 équipements sportifs dits de proximité, qui avait été mis en place en 2021 et qui a largement été plébiscité par les collectivités locales. Emmanuel Macron l’a confirmé, mardi 4 juillet : ce nouveau plan visera à créer 5 000 terrains de sport supplémentaires d’ici la fin 2026, avec l’objectif que ceux-ci se situent dans ou à proximité des établissements scolaires. Il bénéficiera d’une enveloppe de 300 millions d’euros sur trois ans.

Le premier plan, pour lequel 200 millions d’euros avaient été débloqués, a déjà conduit au financement de 4 500 équipements selon l’Elysée. « Cela fera 10 000 fin 2026, c’est l’héritage des Jeux olympiques. Vous êtes la génération 2024 », a lancé le président à l’occasion d’un déplacement au collège Daniel-Argote d’Orthez (Pyrénées-Atlantiques). « Tout ça va donner plus de place au sport à l’école et en dehors. On apprend mieux en faisant du sport à l’école », s’est félicité M. Macron, qui a rencontré les professeurs et les élèves en compagnie de la ministre des sports et des Jeux olympiques et paralympiques, Amélie Oudéa-Castéra, et d’anciens sportifs de haut niveau comme le handballeur Jackson Richardson.

Déploiement à compter de janvier 2024

En juillet, le ministère des sports et des Jeux olympiques et paralympiques expliquait que le nouveau plan aura pour vocation de répondre à certaines des priorités affichées par le gouvernement en matière de politique sportive : la rénovation thermique, le développement de la pratique du sport à l’école et la poursuite de l’équipement des zones carencées, qu’il s’agisse des quartiers prioritaires de la politique de la ville ou des zones de revitalisation rurale.

En l’occurrence, il s’agira de créer 1 500 projets dans les cours de récréation, 3 000 équipements sportifs légers et 500 équipements plus structurants, tels des gymnases ou des piscines. Un tiers de ces équipements seront construits dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville. Le plan sera déployé à compter de début janvier 2024, l’Etat finançant entre 20 % et 80 % des projets.

Avec cette prolongation du premier « plan Macron », comme il a été baptisé, le gouvernement répond pour partie aux attentes exprimées par les acteurs locaux : ayant largement souscrit à ce programme, ils étaient nombreux à considérer qu’il ne fallait pas stopper les efforts, tout en relevant que cela ne comblait souvent que de petits manques et ne transformait pas fondamentalement la pratique sportive à travers des infrastructures plus lourdes.

L’Association nationale des élus en charge du sport (Andes) considère, par exemple, que pour effectuer un vrai rattrapage sur ce terrain des équipements sportifs il serait nécessaire d’adopter une loi de programmation pluriannuelle instituant un effort de 500 millions d’euros par an sur cinq ans.

Des tests d’aptitudes physiques en 6ᵉ

Emmanuel Macron a annoncé, mardi, la mise en place « de tests d’aptitudes physiques en 6e pour mieux évaluer l’évolution de la condition physique des jeunes ». « C’est le meilleur instrument de prévention en termes de santé. Un des fléaux, c’est l’obésité. Qui gagne du terrain. Le sport lutte contre ça. Et ça donne de la confiance », a estimé le chef de l’Etat. Il a également promis un accroissement progressif de 10 000 à 25 000 places en sport-études d’ici à 2026. « On va préparer les champions de demain », a-t-il dit.

Lundi, lors d’un entretien sur la chaîne YouTube « Hugo décrypte », M. Macron avait également déclaré qu’il souhaitait « qu’il y ait à terme une heure de sport par jour » en école primaire, alors que la ministre des sports et des Jeux olympiques et paralympiques, Amélie Oudéa-Castéra, avait estimé que 10 % à 15 % des écoles n’étaient pas encore rentrées dans le dispositif imposant trente minutes par jour. Par ailleurs, M. Macron a évoqué la généralisation à partir de 2026 du dispositif de deux heures supplémentaires de sport au collège (sur le temps périscolaire), qui a été mis en place à titre expérimental depuis la Toussaint 2022. Celui-ci concerne désormais 700 collèges volontaires, contre un peu plus de 170 l’an dernier.

Le Monde avec AFP