l’Américaine Sha’Carri Richardson sacrée sur 100 m

Sha’Carri Richardson ne fait rien comme personne. Après avoir frôlé l’élimination en demi-finale, l’Américaine est devenue championne du monde du 100 m, lundi 21 août, à Budapest. A 23 ans, la sprinteuse s’est imposée en 10 secondes 65 dans le couloir extérieur, à la faveur d’un finish explosif. Elle devance les Jamaïcaines Shericka Jackson (10 s 72), meilleure performeuse mondiale de l’année, et Shelly-Ann Fraser-Pryce (10 s 77), quintuple championne du monde.

On connaissait Richardson excentrique, ongles longs et bas résille. Richardson hautaine, concluant sa course en séries d’un geste de lèse-majesté. Mais Richardson « outsideuse », voilà qui était une première. L’Américaine, meilleur temps des séries, est totalement passée à côté de sa demi-finale, lundi après-midi. Restée scotchée dans les blocs (0.222 de temps de réaction), la jeune femme a échoué hors des deux places de qualification, derrière l’Ivoirienne Marie-José Ta Lou et la Jamaïcaine Shericka Jackson. D’ordinaire débonnaire, la Texane est apparue le visage fermé, dans la « kiss and cry zone » de Budapest, sorte de salon aux sièges éjectables où patientent les athlètes en balance. Finalement retenue comme perdante la plus rapide, Richardson a su saisir sa deuxième chance de la meilleure des façons.

Entrée en finale sans atours ni exubérance, regard fixé sur la piste, la sprinteuse a montré un visage qu’on ne lui connaissait pas. Tandis que les deux Jamaïcaines, Jackson et Richardson, parties très fort, pensaient tenir la victoire, la Texane a créé la surprise sur la ligne d’arrivée en finissant tel un boulet de canon dans le couloir extérieur. Avec ce premier titre mondial, Sha’Carri Richardson s’est offert un nouveau record personnel, établissant par la même occasion la cinquième performance de tous les temps (à égalité avec Shericka Jackson et Marion Jones).

Premiers championnats internationaux

« Je ne suis pas de retour, je suis meilleure », annonçait, en amont des championnats, l’Américaine sur ses réseaux sociaux. Prodige du sprint, Richardson disputait toutefois sa première grande compétition internationale. Elle avait en effet manqué les Jeux de Tokyo en raison d’un contrôle positif au cannabis puis les qualifications pour les Mondiaux d’Eugene (Etats-Unis) l’an dernier, pour cause de difficultés sportives et personnelles.

Sa victoire, lundi, n’est certes pas une surprise à la lumière de sa saison estivale (huit victoires en neuf 100 m disputés), mais elle confirme son retour au plus haut niveau après deux ans en retrait. « Sha’Carri est une bosseuse. On ne retient souvent que son look très coloré, mais sur la piste, ça ne rigole pas », confiait Mouhamadou Fall, seul Français engagé sur la ligne droite à Budapest, qui partage le même groupe d’entraînement que l’Américaine.

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Les Etats-Unis réalisent ainsi un doublé de prestige sur l’épreuve reine, après la victoire de Noah Lyles chez les hommes, dimanche. Chez les femmes, le dernier sacre des Etats-Unis sur la ligne droite remontait à 2017, lorsque Torrie Bowie – décédée cette année à l’âge de 32 ans – avait remporté le 100 m de Londres en l’absence de Shelly-Ann Fraser-Pryce. La Jamaïcaine, quintuple championne du monde (2009, 2013, 2015, 2019, 2022) a quant à elle échoué dans sa quête d’une sixième couronne, se contentant du bronze à Budapest. Sa quinzième médaille mondiale.