la Seine trop polluée, les épreuves tests de natation annulées

Coup de tonnerre sur la Seine, au sens propre comme au figuré. Les orages des derniers jours, en région parisienne, ont entraîné une hausse de la pollution dans le fleuve et rendu impossible la baignade. En conséquence, World Aquatics, la fédération internationale de natation, a annoncé, dimanche 6 août à 5 heures, l’annulation les épreuves-tests de natation en eau libre prévues le même jour sur la Seine.

« La qualité de l’eau demeure en dessous des standards acceptables pour préserver la santé des athlètes », précise World Aquatics, dans un communiqué.

La course féminine de samedi avait déjà été reportée de vingt-quatre heures et la séance d’entraînement de vendredi matin avait d’ores et déjà été annulée pour les mêmes raisons. Il a plu du 20 juillet au 2 août à Paris « quatre fois plus que la moyenne sur les vingt dernières années » sur la même période, selon la préfecture de la région Ile-de-France, qui faisait état jeudi après-midi d’une « dégradation temporaire de la qualité de l’eau ».

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L’annulation de la compétition est un coup dur pour les organisateurs de Paris 2024 qui entendaient se roder en vue de l’échéance olympique. Dans son communiqué de dimanche matin, la fédération internationale précise qu’elle a bien compris que « de futures infrastructures amélioreront significativement la qualité de l’eau de la Seine d’ici aux Jeux olympiques, l’année prochaine ».

« Plan d’urgence »

Mais l’instance lance toutefois un avertissement : « En se fondant sur l’expérience de ce week-end, il apparaît clairement qu’il sera nécessaire de travailler à l’avenir avec les organisateurs de Paris 2024 et les autorités locales pour s’assurer qu’un plan d’urgence soit bien en place l’année prochaine. »

L’épreuve olympique de 2024 sera identique à celle qui était envisagée cet, avec dix kilomètres nagés en plusieurs boucles entre le pont Alexandre III et le pont de l’Alma.

L’annulation est aussi un revers pour la Mairie de Paris, qui a fait de la baignade dans la Seine un axe fort de son volet « héritage » des JO auprès de ses administrés. Objectif ? Rendre la baignade possible sur trois points de la Seine. Si près de 1,4 milliard d’euros ont d’ores et déjà été investis en ce sens, tous les bassins destinés à capter les eaux fluviales usées n’ont pas encore été livrés. Au début du mois de juillet, la municipalité avait ainsi déclaré, lors d’un point d’étape, que près de 92 % des mesures effectuées dans la Seine depuis le 1er juin s’étaient révélées « bonnes » ou « excellentes ». Une statistique défiée par la météo des derniers jours. Les fortes précipitations ont ramené des eaux usées vers le fleuve et augmenté la concentration en bactérie Escherichia coli.

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Il faudra donc patienter avant que les sportifs du monde entier ne nagent le crawl entre le pont de l’Alma et le pont Alexandre III. Un faux départ en forme de pétard mouillé qui a le mérite d’illustrer les défis qui attendent les autorités en vue de Paris 2024.

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Si la météo venait de nouveau jouer les trouble-fêtes, l’été prochain, les organisateurs ont prévu de longue date de pouvoir déplacer les épreuves olympiques de quelques jours. Une option qui n’avait pas été avancée pour cette manche de Coupe du monde.

Une prochaine épreuve test, celle de triathlon, qui intègre une partie de natation dans la Seine, est prévue dans le centre de Paris du 17 au 20 août.