la footballeuse Jenni Hermoso dépose plainte après le baiser forcé

La joueuse espagnole Jennifer Hermoso, embrassée de force par le président de la Fédération royale espagnole de football (RFEF) Luis Rubiales après le sacre de la Roja lors de la Coupe du monde féminine de football, a déposé plainte, a appris l’Agence France-Presse, mercredi 6 septembre, auprès du parquet général de l’Etat espagnol.

Le dépôt de cette plainte était une condition indispensable pour que le parquet, qui avait ouvert fin août une enquête préliminaire contre Luis Rubiales pour « agression sexuelle », puisse effectuer des poursuites. Celles-ci vont désormais pouvoir être lancées « le plus rapidement possible », a précisé le parquet.

Chargé de l’enquête car il est compétent lorsque les faits se déroulent à l’étranger, le tribunal de l’Audience nationale devra alors entendre Luis Rubiales et Jennifer Hermoso.

Depuis une récente réforme du Code pénal espagnol, un baiser non consenti peut être considéré comme une agression sexuelle, catégorie pénale regroupant tout type de violence sexuelle. Les peines encourues vont de l’amende à quatre ans de prison, a précisé une porte-parole du parquet.

Mardi, la RFEF avait présenté « ses excuses au monde du football et à la société dans son ensemble » pour le comportement de Luis Rubiales, suspendu par la Fédération internationale de football (FIFA). Dans la même journée, le sélectionneur de l’équipe nationale féminine, Jorge Vilda, proche de Luis Rubiales et dont les méthodes sont critiquées par ses joueuses, a fait les frais de la restructuration interne de la fédération et a été limogé.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Baiser forcé : l’« affaire Rubiales » met en lumière la libération de la parole des sportives

Une procédure également en cours en Espagne

Les joueurs de l’équipe masculine espagnole de football ont également affiché leur solidarité avec la sélection féminine, en début de semaine, fustigeant le « comportement inacceptable » de M. Rubiales. Poussé de toutes parts à la démission en raison de son geste, ce dernier avait annoncé se maintenir dans ses fonctions lors d’un discours fracassant, au cours duquel il avait déclaré qu’il n’allait pas partir « à cause d’un petit bisou consenti », et avait dénoncé un procès intenté par un « faux féminisme ».

Ce discours du 25 août avait été applaudi par la quasi-totalité de l’assemblée générale de la RFEF, dont les sélectionneurs des équipes féminine et masculine. Ce dernier, Luis de la Fuente, avait ensuite présenté ses excuses pour avoir applaudi. Le soir même, les vingt-trois joueuses de la Roja féminine, sacrées championnes du monde le 20 août, annonçaient qu’elles refusaient d’être convoquées pour la sélection tant qu’il n’y aurait pas de changement à la tête de la fédération.

La FIFA, qui a ouvert une enquête disciplinaire contre Luis Rubiales, l’avait suspendu le lendemain pour quatre-vingt-dix jours « de toute activité liée au football au niveau national et international » dans l’attente de l’avancée des procédures en cours. Une procédure est également en cours en Espagne, auprès du Tribunal administratif du sport, auquel le gouvernement a écrit pour réclamer la suspension provisoire de Rubiales.

Le Monde avec AFP