En Colombie, le gouvernement et la dissidence des FARC s’entendent sur un cessez-le-feu

Le gouvernement colombien et la principale faction de la dissidence des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) ont convenu de reprendre un cessez-le-feu bilatéral, suspendu en mai, ont annoncé samedi 2 septembre les parties, sur le point d’entamer des pourparlers de paix.

La trêve, dont la date de début n’a pas été précisée, « visera à réduire la confrontation et la violence », ont précisé dans un communiqué les émissaires du président Gustavo Petro et de « Ivan Mordisco », chef de l’état-major central des FARC (EMC). L’EMC est composé de rebelles ayant refusé de signer l’accord de paix historique de 2016 entre le gouvernement et la guérilla marxiste.

Le texte précise que ce cessez-le-feu aura un caractère « temporaire » et « national » et annonce le développement d’actions « visant à promouvoir la participation de la société civile au processus de paix » et « l’instauration d’un climat de confiance ».

Les délégués étaient réunis depuis jeudi dans les montagnes du département du Cauca (sud-ouest), dans le cadre de la première réunion officielle entre le gouvernement et la dissidence des FARC, qui tire profit du trafic de drogue et de l’exploitation minière irrégulière.

Six décennies de conflit armé

Les dissidents, estimés à près de 3 500 hommes qui se considèrent comme les vrais héritiers des FARC, ont fédéré ces derniers mois plusieurs autres « Fronts » opérant dans diverses régions de la Colombie, principalement en Amazonie, sur la côte Pacifique et à la frontière vénézuélienne.

Gustavo Petro avait annoncé le 31 décembre à minuit une trêve bilatérale avec les cinq principaux groupes armés du pays, mais a suspendu l’accord avec l’EMC en mai, lorsque les rebelles ont tué quatre jeunes indigènes qui s’opposaient à leur recrutement. Les parties annoncent, dans le communiqué, le début prochain de négociations sans en préciser la date, ni le lieu. Ce processus sera observé par plusieurs pays, dont les noms n’ont pas été spécifiés, ainsi que par l’ONU, l’Organisation des Etats américains (OEA) ou encore le Conseil œcuménique des Eglises.

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Une photographie diffusée par le bureau du Haut-Commissaire pour la Paix montre ce dernier, Danilo Rueda, souriant avec le négociateur en chef officiel Camilo Gonzalez Posso, et le négociateur en chef de l’EMC, connu sous le nom d’Andrey Avendaño. Le commandant Andrey avait posé comme condition aux futures négociations un accord préalable de cessez-le-feu.

Le président Petro cherche à mettre fin à six décennies de conflit armé en menant des négociations de paix avec tous les groupes armés illégaux, y compris la guérilla de l’Armée de libération nationale (ELN).

Le Monde avec AFP