Au Québec, les étudiants français en « galère » de logement

Sur les groupes Facebook consacrés aux étudiants à la recherche d’un logement à Montréal, les messages d’alerte se multiplient. « Une semaine de recherches intensives et toujours rien. Je suis quelqu’un de très calme et avec le sourire. Quelqu’un peut-il m’aider ? Je fais ma rentrée dans quelques jours », écrivait Valentine Descamps, le 29 août.

Après leur inscription validée dans une université québécoise et leur permis d’études en poche, les étudiants étrangers pensaient avoir fait le plus dur. Las. La hausse de 20 % des prix des loyers à Montréal depuis la pandémie de Covid-19, et plus encore la pénurie de logements disponibles les obligent à entamer un véritable parcours du combattant avant de pouvoir envisager de faire leur rentrée.

Après avoir visité de nombreux appartements « insalubres », Louise Monier, inscrite à l’université de Montréal, a dû se résoudre, au dernier moment, à augmenter significativement son budget « logement » pour trouver une colocation pour 900 dollars canadiens (soit près de 615 euros) mensuels. Victoria Poinso, arrivée pour un stage en psychiatrie dans le cadre de ses études en médecine en France, occupe, elle, contre 690 dollars canadiens mensuels (470 euros), un « sous-sol » montréalais, ces appartements traditionnels aménagés à l’entresol des maisons. « C’est une véritable grotte, aucune lumière n’y entre. Heureusement, je serai partie avant l’hiver. »

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Pour faciliter l’arrivée de leurs étudiants, certains établissements réservent leurs résidences étudiantes aux élèves de première année. Pour un coût qui n’a rien de modique : le Parisien Aurélien Lechantre, inscrit à un bachelor en art à l’université anglophone de McGill à Montréal, partage un appartement avec un autre étudiant étranger pour 1 200 dollars canadiens mensuels (819 euros), « électricité et machine à laver compris », précise-t-il.

Volée de bois vert

L’engouement des étudiants internationaux pour les grandes universités canadiennes − pour le seul Québec, les inscriptions ont augmenté de 10 % entre 2021 et 2022, selon les derniers chiffres du Bureau de coopération interuniversitaire − constitue un atout économique considérable pour le pays : les étudiants étrangers ont contribué à hauteur de 14,7 milliards d’euros au PIB du Canada en 2018. Mais ces arrivées massives viennent aujourd’hui percuter une crise aiguë du logement, qui sévit à travers tout le pays.

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Le 21 août, le ministre fédéral du logement, Sean Fraser, a même évoqué l’idée de « plafonner le nombre de visas octroyés aux étudiants étrangers », afin que ces derniers ne viennent pas accroître la pénurie de logements à laquelle sont confrontés l’ensemble des Canadiens. Une « option » qui lui a valu une volée de bois vert de la part des dirigeants d’université, qui trouvent dans ces étudiants internationaux une manne financière non négligeable (hormis les Français et les Belges au Québec, les étudiants paient jusqu’à cinq fois plus cher leurs frais de scolarité que les étudiants canadiens), mais aussi de la part d’un certain nombre de ses collègues du gouvernement.

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